Focus sur les heures supplémentaires :
De nombreux salariés ont été embauchés pour une durée du travail de 39h00 hebdomadaires (soit 169h00 mensuelles). Sur les bulletins de paye, leur salaire est généralement ventilé sur deux lignes, correspondant à la durée légale du travail (151,67 heures) et aux heures supplémentaires (17,33 heures). Ces heures supplémentaires font partie de la rémunération habituelle du salarié. On parle d’heures supplémentaires « structurelles ».
Si l’on appliquait la règle du maintien de salaire au sens de la réglementation sur les congés payés, les heures supplémentaires structurelles seraient intégrées au salaire de référence (Cass. soc., 13 octobre 1955, n° 2878).
Pourtant, l’administration considère que ces heures supplémentaires doivent être exclues du salaire de référence qui sert d’assiette de calcul à l’indemnité d’activité partielle (« Dispositif exceptionnel d’activité partielle - Précisions sur les évolutions procédurales et questions-réponses », mise à jour du 10 avril 2020).
Cette position est nouvelle et s’inscrit sans doute dans la refonte d’ensemble du dispositif d’activité partielle, visant à indemniser davantage de salariés et à rembourser plus largement les entreprises pendant l’épidémie de Covid19.
Il reste que cette exclusion est contraire aux dispositions du Code du travail relatives à l’activité partielle (art. R. 5122-18 du Code du travail), lesquelles renvoient aux règles applicables en matière de congés payés, sans atténuation. Ces dispositions n’ont pas été modifiées par le décret du 16 avril dernier. Elles sont donc toujours en vigueur, ce qui créé une zone d’insécurité juridique pour les entreprises.
Pour l’heure, les employeurs n’ont pas d’autre choix que de se conformer aux préconisations de l’administration s’ils veulent se faire rembourser par l’État. Il reste que cette option risque d’être, à juste titre, source de discussions avec les salariés (la perte de rémunération du fait de cette exclusion pouvant être significative). Selon les enjeux, l’entreprise aura intérêt à réfléchir à un mécanisme compensatoire permettant d’atténuer les effets de l’exclusion des heures supplémentaires.
Pour rappel, les heures supplémentaires ponctuelles, c’est-à-dire n’ayant aucune récurrence, n’ont jamais été intégrées dans le salaire de référence de l’indemnité d’activité partielle puisque par définition, il ne peut pas y avoir de dépassements horaires pendant une période d’activité partielle.